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ARTICLE AU HASARD

The Survivalists, quand survie rime avec ennui

RÉSUMÉ

Derrière un pixel art charmant et indéniablement maîtrisé, The Survivalists dissimule un jeu de survie au cœur étonnamment creux. La génération procédurale, pourtant pleine de promesses, accouche d’un monde vaste mais répétitif, pauvre en narration et en véritables surprises. Le gameplay regorge de bonnes idées — automatisation par les singes, exploration, craft — mais leur exécution s’avère trop rigide : progression artificiellement verrouillée, mécaniques qui s’épuisent vite, et sensation persistante de jouer dans un cadre contraint malgré l’apparente liberté. L’ambiance sonore, correcte sans être mémorable, accompagne l’action sans jamais laisser d’empreinte durable, tandis que la durée de vie, honnête sur le papier, peine à justifier l’investissement tant la routine s’installe rapidement. Enfin, la difficulté, souvent neutralisée par l’IA des compagnons et des combats trop permissifs, manque cruellement de mordant, laissant le joueur davantage spectateur qu’acteur de sa propre survie. Un survival séduisant en surface, mais qui illustre les limites d’un bac à sable procédural mal encadré.

The Survivalists, quand survie rime avec ennui

Une fois n’est pas coutume, mon ressenti sur The Survivalists détonne complètement face aux critiques plutôt positives qu’on peut lire sur Steam ou dans la presse spécialisée. Là où beaucoup encensent ce jeu de survie coloré – certains allant jusqu’à parler d’une expérience fun et complète « vastement réjouissante1 » – je me suis pour ma part retrouvé à décrocher assez vite. Tant mieux si la majorité y trouve son bonheur : au moins ici, vous aurez un avis qui prend le contre-pied total de l’enthousiasme ambiant ! 🐵

Le concept : survie, pixels et… singes serviteurs 🐒

The Survivalists, qu’est-ce que c’est ? En deux mots, c’est un survival sandbox en 2D vue de dessus, style pixel art. Vous incarnez un naufragé échoué sur un archipel d’îles désertes. Il faut y explorer l’environnement, collecter des ressources, construire un abri et des ateliers, crafter des outils et armes, combattre la faune hostile et même écumer des donjons. Le tout, originalité notable, avec l’aide de singes apprivoisables qui peuvent reproduire vos actions pour automatiser certaines tâches (récolte, combat, construction, etc.). Sur le papier, The Survivalists rassemble tous les ingrédients d’un excellent jeu pour moi : exploration libre, progression de compétences, gestion d’une base, combats dynamiques, difficulté modérée et une esthétique rétro qui titille ma fibre nostalgique. Que demander de plus ?

Eh bien justement… demander plus est ce qui m’a manqué. Après quelques heures, le soufflé est retombé. Malgré ses promesses, The Survivalists m’a plongé dans l’ennui. Passé l’attrait initial, j’ai ressenti un grand vide dans ce monde généré aléatoirement. Comment un jeu aussi plein de bonnes idées en apparence a-t-il pu me lasser si vite ? La réponse tient à un déséquilibre fondamental de sa conception.

Procédural vs. progression linéaire : un mélange mal dosé

The Survivalists souffre à mon sens d’une identité confuse. D’un côté, il adopte la génération procédurale popularisée par Minecraft et consorts : chaque île est créée aléatoirement à partir d’une seed, promettant une découverte renouvelée à chaque partie. Ce choix implique un monde ouvert potentiellement immense, où la liberté du joueur est quasi totale. De l’autre, le jeu impose une progression très linéaire dans son contenu : on ne peut pas accéder à certaines recettes ou zones sans avoir accompli des étapes précises du scénario (par exemple, atteindre des îles plus dangereuses débloque de nouveaux crafts indispensables à la suite). Cette structure en entonnoir m’a donné la désagréable impression d’être contraint dans un tunnel scénarisé au beau milieu d’un bac à sable. Un comble !

En voulant mixer ces deux approches opposées, Team17 a, selon moi, raté sa recette. La progression est verrouillée artificiellement : il faut accomplir exactement ce que les développeurs ont prévu, dans l’ordre prévu, pour voir du pays. L’exploration libre en prend un coup – et avec elle, le plaisir de la découverte. D’autres critiques ont relevé ce verrouillage du craft un peu maladroit : « Dommage… d’avoir choisi une fabrication linéaire qui oblige à créer les premiers éléments d’une branche pour débloquer le reste2 ». On ressent très vite les limites de cette conception. Comme un testeur l’a parfaitement résumé, le jeu est coincé « à mi-chemin entre la survie sandbox et l’aventure scénarisée, sans s’engager pleinement dans l’un ou l’autre3 ». Résultat, ça chavire : on ne profite ni de la richesse émergente d’un pur sandbox, ni de la tension d’une aventure bien rythmée.

Un monde immense… et affreusement creux

Le recours massif au procédural pose un autre problème : il génère de vastes terrains de jeu, mais peine à leur insuffler de la substance. Contrairement à un monde conçu à la main – pensez à Fallout ou Skyrim, où chaque lieu raconte quelque chose – un algorithme ne « comprend » pas la narration ou l’intérêt ludique. Il place des éléments selon des règles, souvent sans cohérence contextuelle. Du coup :

  • Peu de densité narrative – Les îles de The Survivalists manquent de lieux vraiment marquants ou d’histoires environnementales à découvrir. On traverse des forêts, des plages, des grottes… sans retrouver la patte d’un level designer qui aurait pensé chaque recoin pour étonner le joueur. Tout finit par se ressembler.
  • Des structures répétitives et arbitraires – On a vite une impression de déjà-vu. Les mêmes campements d’orques, les mêmes dispositions de donjon se répètent d’une île à l’autre. Comme l’explique un joueur sur Reddit, si le procédural se repose sur un nombre limité d’éléments qui se placent en boucle, le monde paraît « fade et ennuyeux4 ».
  • Une exploration prévisible, sans surprise – L’étonnement des premières heures laisse place à la routine. On sait à quoi s’attendre en débarquant sur une nouvelle île, ce qui est un comble pour un jeu d’aventure. L’exploration perd son sens si elle n’apporte plus de découvertes imprévues.

Franchement, j’adore les jeux sandbox générés aléatoirement d’habitude . Mais ici, l’alchimie ne prend pas. L’univers de The Survivalists est vaste en apparence, mais il manque d’âme et de surprises pour donner envie de s’y perdre pendant des dizaines d’heures.

Des mécaniques qui tournent à vide

Si encore le cœur du gameplay rattrapait la fadeur du monde… Mais The Survivalists accumule des mécaniques mal exploitées, qui finissent par lasser.

  • Les singes, fausse bonne idée ? J’avoue, domestiquer des singes pour qu’ils m’aident avait tout pour me plaire. Au début, voir ces petites créatures mimer mes actions et m’assister, c’est sympa. On peut en recruter une armée et les spécialiser (bûcheron, cuisinier, garde du corps, etc.). Malheureusement, en pratique leur IA m’a rendu chèvre ! 🐐 Leur système d’apprentissage par mimétisme est très casse-pieds : il faut leur montrer chaque action, avec l’outil adéquat, et souvent ils oublient ou cessent d’obéir sans raison. Comme le note un test, c’est « une véritable galère en réalité. L’IA est à côté de la plaque : entre les singes qui se court-circuitent entre eux et ceux qui s’arrêtent en plein travail, on a envie de leur tordre le cou5 » (un comble pour nos chers amis à poils, si utiles en théorie !). Cette automation laborieuse m’a plus frustré qu’autre chose.

  • Progression et compétences sans saveur – Le jeu adopte une progression type “plus je craft, plus je débloque de crafts”. On découvre de nouveaux plans en fabriquant des outils de base, puis en combinant des matériaux plus avancés, etc. C’est classique, mais ici c’est hyper rigide et peu gratifiant. Il faut absolument crafter chaque babiole dans l’ordre pour accéder aux suivantes. On enchaîne les recettes un peu mécaniquement, sans sentir qu’on personnalise vraiment son avancée. D’ailleurs, j’ai débloqué la plupart des recettes en quelques heures, et le reste n’était que des variantes améliorées d’armes/outils déjà connus. Peu de surprises de ce côté-là : le sentiment de progression retombe vite. Un testeur anglophone a parfaitement décrit ce problème de game design : « On grind la partie survie juste pour pouvoir jouer la partie aventure, qui elle-même n’est pas si gratifiante… puis on répète jusqu’au générique »6. En bref, l’évolution du personnage manque de fun et de liberté.

  • Des combats trop faciles (merci les singes) – Côté baston, The Survivalists propose un système simple (attaque, esquive roulade, coup puissant) qui pourrait être efficace… sauf qu’avec 4 singes armés à vos côtés, les affrontements tournent à la promenade. 😅 J’ai vite compris que je pouvais laisser mes macaques furieux faire tout le boulot : même les tigres et les orques finissent en charpie en quelques secondes sous les coups de mes compagnons, au point que je me contentais d’observer de loin. C’est un peu comme jouer à Pikmin, en moins stratégique : vous avez des « pets » qui atomisent les ennemis sans que vous n’ayez grand-chose à faire. Résultat : aucun challenge, pas de montée d’adrénaline dans les donjons, et une monotonie qui s’installe.

  • Des attaques de base mal fichues – Pour ajouter du piment, le jeu envoie périodiquement des raids d’ennemis sur votre base. Sur le papier, j’adore ce concept. Sauf qu’ici, c’est complètement mal pensé. Déjà, les options de défense sont dérisoires (quelques pièges à pointes, et basta). Surtout, les raids se déclenchent souvent quand vous êtes en expédition à l’autre bout de la carte. Un joueur sur Nintendo Switch confirme que les gobelins spawnent parfois carrément au milieu de la base, contournant toutes les barricades : « les défendre est une perte de temps car ils apparaissent au centre, évitant les rangées de pièges que j’avais construites à grands frais7 ». Encore un système mi-cuit, qui aurait pu être génial mais tombe à plat.

  • Ergonomie et interface à la traîne – Dernier point noir, et non des moindres : l’interface et les contrôles. Sur Nintendo Switch (support sur lequel j’ai joué), jongler dans l’inventaire et les menus m’a paru vite laborieux. La maniabilité à la manette n’est pas optimale, malgré quelques concessions. On se bat un peu contre l’UI pour gérer ses objets, et la petite taille de l’inventaire n’aide pas. Un patch a heureusement corrigé certains écueils (par exemple, il faut désormais maintenir le bouton pour donner un objet à un singe, ce qui évite de lui refiler accidentellement sa hache en voulant ramasser une noix de coco). Mais malgré ces améliorations tardives, l’expérience reste un peu chaotique dès qu’on accumule les ressources et les singes autour de soi. Bref, l’aspect technique et interface manque de polish, ce qui alourdit encore une aventure déjà peu enthousiasmante.

Le naufrage d’une belle idée 💔

En résumé, The Survivalists me laisse un goût amer. J’y croyais dur comme fer – le mélange survie + pixel art + singes m’attirait énormément – mais je suis vite revenu à la réalité. La génération procédurale, mal équilibrée avec la progression linéaire, produit un monde certes grand mais bien trop vide d’intérêt. Le gameplay, plein de promesses, s’enlise dans des mécaniques répétitives ou mal pensées, du dressage des singes aux combats en passant par la défense de base. Au final, malgré ses qualités sur le papier (contenu abondant, coopération en ligne, durée de vie correcte…), le jeu n’a pas su me captiver. D’autres joueurs ont pu s’en accommoder, voire adorer cette expérience « chill » et accessible – tant mieux pour eux. Pour ma part, l’ennui a eu raison de mon aventure sur ces îles pourtant exotiques. Quand un survival n’arrive ni à vous challenger, ni à vous émerveiller, difficile d’avoir envie d’y survivre très longtemps…

Il reste l’espoir qu’une suite ou des mises à jour viennent combler ces lacunes, car l’idée de départ a du potentiel. En attendant, si vous cherchez un bon jeu de survie coopératif, je vous conseillerais d’autres titres plus aboutis… À bon entendeur !

  1. thesurvivalists.fandom.com ↩︎
  2. gamalive.com ↩︎
  3. gideonsgaming.com ↩︎
  4. reddit.com ↩︎
  5. gamalive.com ↩︎
  6. gideonsgaming.com ↩︎
  7. nintendolife.com ↩︎

DE MON POINT DE VUE

Graphisme / Animation
75 %
Histoire / Narration
10 %
Gameplay
25 %
Musique / Son
50 %
Durée de vie
50 %
Difficulté
30 %

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